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VGP chariot élévateur : périodicité, points de contrôle & catégories 1 à 6

·9 min de lecture·Rédaction VGP en ligne

Le chariot élévateur est, statistiquement, l'équipement de travail qui envoie le plus de salariés à l'hôpital chaque année en France. C'est aussi celui pour lequel la Vérification Générale Périodique est la plus scrutée par l'inspection du travail. Voici, sans jargon, ce que couvre une VGP chariot en 2026 — de la périodicité aux points de contrôle réels.

Le cadre : pourquoi la VGP chariot est obligatoire

Un chariot élévateur est un appareil de levage mû par une énergie au sens de l'arrêté du 1er mars 2004. À ce titre il tombe sous les articles R.4323-22 à R.4323-28 du Code du travail. Voir notre guide général sur le cadre légal de la VGP pour le socle réglementaire complet.

La conséquence pratique : tout chariot mis à disposition d'un salarié doit être vérifié tous les 6 mois, quel que soit son usage — même s'il ne sort du hangar qu'occasionnellement.

Les 6 catégories de chariots

Le référentiel CACES R.489 classe les chariots en 6 catégories. La VGP couvre les 6, sans exception :

  • Catégorie 1 — transpalettes et gerbeurs à conducteur porté (levée < 1,20 m).
  • Catégorie 2 — chariots tracteurs et à plateau porteur.
  • Catégorie 3 — chariots frontaux en porte-à-faux, capacité ≤ 6 tonnes (le plus courant en logistique).
  • Catégorie 4 — chariots frontaux en porte-à-faux, capacité > 6 tonnes (industrie lourde).
  • Catégorie 5 — chariots à mât rétractable, latéraux, bi/tri-directionnels.
  • Catégorie 6 — chariots à poste de conduite élevable (préparateurs de commandes).

Périodicité — le vrai calendrier

Règle d'or — 6 mois entre deux VGP, calculés à partir de la date de mise en service, pas de la date d'achat. Un chariot livré neuf le 15 mars doit être vérifié au plus tard le 15 septembre, puis le 15 mars suivant.

À cela s'ajoutent :

  • Une vérification à la mise en service, obligatoire pour tout chariot neuf ou d'occasion introduit dans l'entreprise.
  • Une vérification après remise en service après démontage, remontage, modification substantielle, ou accident ayant sollicité l'appareil.
  • Un examen d'adéquation au premier usage (le chariot est-il adapté à la charge et à l'environnement prévus ?).

Les points de contrôle réglementaires

Une VGP chariot digne de ce nom couvre au minimum les blocs suivants — c'est ce que regarde un contrôleur agréé, et ce qu'il consigne dans son rapport :

1. Structure et châssis

  • Absence de fissures, déformations ou corrosion perforante sur le châssis, le mât et les fourches.
  • État du dispositif de protection du cariste (arceau, cabine, grille anti-chute d'objets).
  • Fixation et jeu des roues avant/arrière.

2. Système de levage

  • Chaînes de levage : usure (allongement < 3 % par rapport au pas d'origine), lubrification, absence de maillons tordus.
  • Vérins hydrauliques : étanchéité, absence de fuite au repos et en charge.
  • Tablier porte-fourches et dispositif de verrouillage des fourches.
  • Essai en charge nominale — c'est le point sur lequel les entreprises oublient le plus souvent d'organiser la disponibilité d'une charge test.

3. Freinage et direction

  • Frein de service et frein de parking : efficacité mesurée sur pente ou banc.
  • Direction : jeu au volant, réponse hydraulique.
  • Klaxon, éclairage, gyrophare (si obligatoire dans l'établissement).

4. Sécurités électriques et thermiques

  • Chariots électriques : isolement, état du chargeur, ventilation du local de charge.
  • Chariots thermiques (gaz, diesel) : étanchéité du circuit carburant, état du pot catalytique, mesure des émissions en local fermé.

5. Plaque de charge et signalisation

  • Présence et lisibilité de la plaque de charge (obligatoire, article R.4323-90).
  • Marquage CE, numéro de série, année de fabrication.

Les défaillances les plus fréquentes constatées en VGP

Sur le terrain, trois familles de défauts reviennent dans plus de la moitié des rapports :

  1. Chaînes de levage usées — un chariot en usage intensif (rotation supérieure à 4 heures par jour) voit ses chaînes s'allonger bien plus vite que la théorie. C'est le motif n°1 d'observation majeure.
  2. Fourches déformées ou fissurées — souvent visible au ressuage. Une fourche fissurée doit être retirée du service, jamais réparée.
  3. Fuite hydraulique au vérin de levage — banal, mais bloquant : un chariot qui « descend seul » de plus de quelques millimètres à la minute est en défaut.

Ce que vous risquez sans VGP à jour

La contravention de 5e classe (1 500 € par équipement) reste théorique. Le vrai risque, comme pour toute VGP, se joue en cas d'accident du travail : la jurisprudence constante caractérise la faute inexcusable de l'employeur dès qu'un chariot impliqué dans un accident n'avait pas de rapport VGP à jour, avec majoration de rente pour la victime et poursuites pénales possibles.

Interne ou externe ? Le choix pour les chariots

Pour un parc de moins de 5 chariots, l'externalisation est presque toujours la plus rentable. À partir de 10 chariots utilisés au quotidien, une VGP interne réalisée par un vérificateur salarié dûment formé à la VGP devient économiquement pertinente, à condition d'organiser une traçabilité irréprochable — d'où l'intérêt d'un logiciel VGP centralisant rapports, périodicités et levées d'observations, ou d'un registre de sécurité dématérialisé.

À retenir

  • VGP chariot = tous les 6 mois, catégories 1 à 6 sans distinction.
  • Cadre : arrêté du 1er mars 2004 + R.4323-22 et suivants du Code du travail.
  • Cinq blocs de contrôle : structure, levage, freinage/direction, sécurités énergie, plaque de charge.
  • Défauts les plus fréquents : chaînes allongées, fourches fissurées, fuite vérin.
  • Le vrai risque n'est pas l'amende, c'est la faute inexcusable en cas d'accident.